Une expérience de Caravage

Voilà, j’ai (enfin) visité L’expérience Caravage, au Musée des Beaux-Arts de Normandie à Caen. Et oui, dans un musée de province, il y a aussi des surprises 🙂

Voici comment le musée présente l’exposition dans son dossier de presse :

À la faveur d’un échange avec la Pinacoteca di Brera, le musée des Beaux-Arts accueille l’un des chefs-d’œuvre du musée milanais : Le Souper à Emmaüs de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610). L’exposition éclaire le contexte artistique dans lequel l’œuvre a été conçue, à partir de quelques gravures évoquant les variations iconographiques du Souper à Emmaüs entre le XVI}e et le début du XVIIe siècle. Puis elle s’arrête sur la genèse du tableau,véritable tournant dans la carrière du peintre, dont l’usage si novateur du clair-obscur fera de nombreux émules, comme le démontre un petit groupe de tableaux peints en Europe entre 1620 et 1650. L’exposition souligne enfin la fécondité toujours vive de l’art de Caravage, à travers The Quintet of the Astonished, une vidéo de Bill Viola qui exprime ce qui se joue dans la présence et l’expérience humaines.
Alors, il faut bien préciser, l’exposition est autour d’un seul tableau du Caravage. Malheureusement, le musée de Normandie n’a pas de Caravage, et le fait qu’il est réussi à en avoir un est déjà magique. En effet, un prêt entre musée est une chose très compliquée, qui demande une énorme organisation, un budget conséquent, des assurances incroyables (je ne sais pas, le toit qui s’effondre à cause de la neige sur le tableau, car la Normandie est assez adepte des toits qui s’effondrent lors des « évènements neigeux exceptionnels », surtout les centres commerciaux), etc…
Le sujet du tableau, et de l’exposition est donc le repas à Emmaüs  sauf que…

Qu’est-ce que le repas à Emmaüs ?

Ce repas prend place dans le Nouveau Testament, Jésus vient de ressusciter. Il apparait sous de nouveaux traits à deux apôtres désespérés qui fuient Jérusalem. Malgré le fait que les apôtres ne reconnaissent pas Jésus, ils lui offrent l’aumône. Après cet acte de charité, Jésus leur apparait et leur foi est ranimée.

Caravage a fait deux tableaux sur ce repas, un en 1602 – où Jésus n’est pas sous sa forme réelle – et l’autre en 1606 – où  Jésus est sous sa forme réelle.

Il faut savoir que le tableau de 1606 a été peint dans un contexte particulier. En effet, Caravage (qui est loin d’être le plus angélique des peintres italiens) a tué le fils d’une famille puissante de Rome lors d’une rixe. Il s’enfuit donc de la ville, où il est d’ailleurs condamné à mort par contumace. Il est alors protégé par la famille Colonna (une puissante famille romaine) et on le retrouva à Naples, en Sicile, à Malte (où il fut impliqué dans un nouveau scandale).

En gros, le tableau est magnifique, d’une conservation incroyable (on croirait qu’il vient à peine d’être verni). En fait, c’est fort probablement dû au fait qu’il n’a pas bougé entre 1624 (au minimum) à 1939, comme propriété de la famille Patrizi. Il est ensuite racheté et offert à la pinacothèque de Brera à Milan par les amis de Brera.

Tout autour, il y a différentes œuvres tournant autour du même thème du repas à Emmaüs, et certaines… Comment dire… Tiennent mal à la comparaison face au maitre de l’ombre et de la lumière.

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Avec tout mon respect, cette peinture anonyme du XVIIe siècle, normalement présentée à Pau, a du mal à soutenir la comparaison….

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Cette œuvre de Matthias Stomer, normalement présentée à Grenoble, reprend avec succès le travail de l’ombre et de la lumière du Caravage, j’ ❤

Et après ?

Même si l’exposition n’est pas très grande, elle est vraiment bien faite et on découvre que le repas à Emmaüs a pris plus d’importance que le reste de l’histoire. Il y a même de nombreuses gravures sur ce repas, certaines toutes petites.

En plus, le musée donne un petit livret sur l’exposition très intéressant et qui permet de comprendre énormément de choses (avec une biographie de ce mauvais garçon qu’était Caravage :p

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Ça fait plaisir ^^

Mais le reste du musée révèle également de belles surprises !

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Je suis complètement fan du Groupe d’Arabes de Chasseriau que je trouve extrèmement moderne pour une peinture du XIXe siècle. Et Marie-Madeleine pénitente est juste incroyable (et elle a beaucoup de succès !). Et puis, croiser Véronèse et Rembrandt fait toujours plaisir.

Et maintenant ?

Maintenant, malheureusement, l’exposition du Caravage prend fin demain (14 février 2016) mais le musée de Normandie va – je pense – passer une excellente année car revient pour sa 3e édition Normandie Impressionniste \o/ Cela se passera du 16 avril au 26 septembre 2016.

Normandie (impressioniste) unifiée !!!!(

 

J’espère que ce petit voyage avec Caravage à Caen vous a intéressé.
N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A très vite !

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