La ville qui ne peut être conquise… Ou presque

Lors de mon voyage en Thailande en 2015, j’ai eu la chance de visiter la magnifique, dont le nom vient d’une ville indienne Ayodhya, ce qui signifie en sanskrit « qui ne peut être conquis ». Mais… Je ne suis pas sûre que ce nom aille très bien à Ayutthaya

Un peu d’histoire

Certes, Ayutthaya est très attrayante d’un point de vue esthétique (voir même magnifique), mais pas que. Même plus que ça, surtout pour des Français.

Ayutthaya a été fondée par le roi Ramathibody Ier (ou prince U-Thong) en 1350, devenant ainsi la capitale du Royaume d’Ayutthaya. A partir des années 1370-1380, le royaume de Sukhotai devint le vassal d’Ayutthaya avant que les deux royaumes ne s’unissent en 1438.
En réalité, Ayutthaya ne fut jamais un état unifié (contrairement à la France de Louis XIV) mais plutôt un assemblage de principautés et de provinces plus ou moins autonomes (on peut penser à la France des XIe-XIIe siècles, même si le roi d’Ayutthaya était plus puissant que le roi de France de cette époque). Comme pendant le moyen-âge européen, les princes et gouverneurs locaux avaient le devoir de soutenir la capitale en cas de guerre ou d’invasions.

A partir de la moitié du XVIe siècle commencent le long conflit contre les Birmans (entrecoupés de nombreuses périodes de trêves plus ou moins longues). Durant ces conflits, Ayutthaya devint vassal des Birmans (1564), avant d’être prise en 1569. Le roi Naresuan proclame l’indépendance du royaume d’Ayutthaya en 1584. Cela provoqua de nouveaux conflits jusqu’au début du XVIIe siècle. D’autres guerres eurent lieu entre 1662 et 1701, puis entre 1759 et 1767, jusqu’à la chute finale du royaume en 1767. Ayutthaya fut alors prise par les Birmans, qui détruisirent la ville. Celle-ci resta abandonnée, une ville nouvelle s’installant à quelques kilomètres à l’est.

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Carte du royaume de Siam au XVIIe siècle

L’intérêt européen pour Ayutthaya est dû au travail d’un roi : Narai (1657-1688). Les Thaïs avaient déjà des contacts avec les Portugais et les Néerlandais depuis le XVIe siècle mais Narai fut le roi thaï le plus pro-occidental à Ayutthaya. En effet, il signa de nombreux traités commerciaux avec les Japonais, Anglais, Français, etc. mais envoya également des ambassades à Paris et la Haye. Il avait même un ministre des Affaires Étrangères grec : Constantine Phaulkon. Grâce à ce dernier, Narai se tourna vers les Français qui lui construisirent des fortifications et un palais à Lopburi. D’ailleurs, les Français construisirent un fort et s’y installèrent. Ce fort était à Thonburi, c’était à dire à l’emplacement de la future Bangkok.
En échange, les missionnaires français participèrent à l’éducation et à la médecine du pays; ils apportèrent également la première presse imprimée du pays. Louis XIV avait en fait l’espoir de convertir Narai au christianisme.
S’il y avait toujours des représentants français à la cour thaï, deux grande ambassades françaises eurent lieu en 1686 et 1687. De leurs côtés, le Siam envoya des ambassades à la cour du Roi Soleil en 1680, 1684, 1686 et 1688.

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Ambassade du Siam auprès de Louis XIV en 1688 à Versailles

Malheureusement, ces liens avec la France cessèrent en 1688 suite à la mort par maladie du roi Narai. Une faction opposée aux Français organisèrent alors un coup d’état, tuant l’héritier chrétien du roi et Phaulkon, tandis que les Français durent quitter le pays.

A cette époque, Ayutthaya avait d’autres noms donnés par les Européens : Siam (comme le pays), Ayoutia, Judia ou Juthia.

La ville est entourée de canaux et traversée par des canaux

Ayutthaya, ou Siam, ou Iudia, c’est selon.

 …Mais pas que

Ayutthaya est aujourd’hui une destination touristique importante pour une raison simple : imaginez Paris laissée à l’abandon au XVIIIe et laissée telle qu’elle jusqu’à nos jours. Bon, Paris version très exotique avec plein de temples et sous un climat plus tropical que le notre, mais tout de même.

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Carte d’Ayutthaya avec certains des nombreux monuments de la ville

Pour arriver à Ayutthaya, vous avez plusieurs solutions : le van ou le train (entre autres, mais je ne connais que ces deux-là). Alors, le van, je l’ai pris pour une autre destination qu’Ayutthaya. Ce n’est pas foncièrement cher selon les standards européens, c’est relativement rapide, mais je ne suis pas sûre qu’on apprécie réellement le trajet car, vu comment les Thaïs conduisent, j’ai préféré m’endormir (ou fermer les yeux) plutôt que de croire voir ma mort tous les 10 km…
Quant au train… Faites vous plaisir, prenez votre temps et profitez du paysage. Alors, je vous avoue qu’il ne faut pas être impatient, mais les 2h de trajet (je pense, peut-être plus) valent le coup ! Déjà, vous serez (très) probablement les seuls occidentaux du wagon (voir même du train) et tout le monde vous regardera avec des yeux ronds (« Mais qu’est-ce qu’elle fout là ? » c’était assez drôle). Ensuite, le prix défie toute concurrence à moins de 30baths le trajet. Et en plus, vous pourrez voir la Thaïlande avec des yeux (un peu) plus locaux : j’ai pu voir les bidonvilles autour de Bangkok, les usines, la campagne, les petites gares perdues au milieu de nulle part, etc… Le seul souci, c’est que les stations ne sont pas réellement annoncées et que les Thaïs sont très timides. Mais s’ils sont timides, ils sont également très serviables ! Alors n’hésitez pas à leur demander, le tout accompagné d’un sourire.

Une fois à Ayutthaya, il y a plusieurs solutions pour se déplacer. Personnellement, je ne vous conseille pas franchement de faire tout le site à pied. Par contre, il est possible de louer des vélos.
Et prévoyez deux jours complets si vous voulez vraiment tout voir ! C’est superbe !

En arrivant, n’hésitez pas à aller  au centre d’études historiques d’Ayutthaya. Ils ont un bon service d’informations avec une carte et il y a toujours des tuc-tuc à proximité. On y trouve également un musée qui vous permettra de mieux comprendre le site.

Une fois cela fait, la ville est un musée à ciel ouvert, mais certaines parties sont payantes. N’hésitez surtout pas à vous échapper un peu du sentier touristique et des plus grands monuments. Absolument tout vaut le coup !

Mon petit souvenir perso, c’est quand près du Bouddha allongé à l’est de la ville, je me suis retrouvée avec un vendeur de souvenirs qui m’a expliqué comment suivre les rituels de prières bouddhistes. C’est vraiment un très bon souvenir, il s’est même comparé à Alain Delon quand il a su que j’étais française.

Les éléphants étaient également un grand moment ! Moi qui ai si peur de tomber, la montée a été un peu compliquée. Une fois dessus, ça allait mieux !

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Il y avait eu des inondations quelques temps auparavant, certains monuments avaient souffert et tenaient grâce à des échafaudages.

Il faut vraiment que j’y retourne !

Pour aller plus loin…

N’hésitez pas à regarder ces deux sites, j’ai juste regardé Ayutthaya mais ça a l’air très intéressant.

Quoi faire à Ayutthaya par l’office national du tourisme

Blog sur la Thailande

Merci d’avoir pris le temps de me lire ! See ya 🙂

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